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Dimanche 26 février 2006 7 26 /02 /Fév /2006 08:46

Tout le monde a en mémoire les nationalisations de la gauche en 1981 et les privatisations commencées dès 1986 et poursuivies depuis avec constance, tant par la gauche que par la droite. Les nationalisations résultent d'un choix idéologique et les privatisations ont été justifiées par des impératifs budgétaires et des directives européennes, voire aussi pour des raisons idéologiques, s'agissant de la droite.

La sidérurgie française avait été nationalisée de fait par le gouvernement Barre en 1979, transformant en capital public les dettes de l'Etat que les grands groupes sidérurgiques n'étaient pas capables de rembourser. Contrairement à leurs concurrents européens, ces groupes ne pouvaient pas négocier librement leur prix de vente, soumis à des variations cycliques. Et pour compenser le manque à gagner, l'Etat consentait des prêts à taux bonifiés pour faire de la recherche, des investissements et se moderniser. Mais cette générosité étatique à des capitalistes impliquaient que ces derniers ne puissent pas faire n'importe quelles alliances avec leurs concurrents ni ajuster leurs effectifs. Bref, cette magnifique politique industrielle à la française conduisit à la faillite avec l'aide des contribuables. Et ce malheur n'est venu qu'aggraver la nécessaire adaptation de cette profession qui a du diviser ses effectifs par trois en vingt ans pour maintenir son niveau de production à l'échelon européen. Les sociétés allemandes, par exemple, n'ont pas été nationalisées pour faire le même effort d'adaptation. Et dans le même temps, des aciéristes italiens accroissaient leur production.

 Avec les nationalisations, on n'a pas été capable de faire cesser la concurrence stérile entre Usinor et Sacilor. Pour cela il a fallut attendre 1986, mais le contribuable a une grande patience.

Néanmoins, on en a profité pour ajouter un peu de gaspillage : investissement de 300 millions d'euros dans un laminoir tout neuf à Pompey, pour faire plaisir aux politiques du cru, qui a été démonté avant d'avoir vendu une seule tonne. Merci Fabius.

Et les Conventions Générales de Protection Sociale (CGPS), permettant de mettre en préretraite dès l'âge de 50 ans les ouvriers, aux frais du contribuable ? Elles ont permis, comme dans d'autres régions européennes de concentrations industrielles sidérurgiques de gérer des drames humains et des reconversions industrielles indispensables. Mais en 1990, la Délégation à l'Emploi, considérant la bonne santé financière retrouvée des aciers inox, ne voulu pas continuer d'accorder des préretraites à ce secteur. Francis Mer, patron d'Usinor Sacilor, a fini par convaincre le Ministre d'accorder des préretraites à ce secteur. Certains détails ne manquent pas d'intérêt sur ce point. Merci Soissons.

Mais si l'Etat français s'est montré généreux, il y avait quand même le contrôle de Bruxelles qui veillait au respect d'une concurrence loyale. C'est ainsi que pour éviter ce contrôle, en 1990 le Ministe des Finances (M. Beregovoy) et celui du Travail (M. Soissons) ont signé une lettre au PDG d'Usinor Sacilor pour faire remise d'une dette sociale de près d'un milliard de francs de dette sociale. Celle ci était une contribution, au titre de la CGPS de 1979 (dite "delta"), jamais honorée. Les autres sociétés sidérurgiques n'ont pas bénéficié de la même exonération. C'est qu'il s'agissait de renforcer les capitaux propres d'Usinor Sacilor sans demander l'avis de Bruxelles. Ni vu, ni connu. Et un grand merci au contribuable.

 

 

Par megis - Publié dans : opa.arcelor
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